
Contrairement à d’autres pratiques, la pêche à la mouche implique l’usage d’une canne particulière. Au premier coup d’œil, le débutant constatera la présence d’un moulinet à l’arrière de la poignée, là où les autres cannes plus courantes (canne dédiée à la pêche aux leurres, notamment) ont une disposition différente.
Cependant, ce n’est pas tout : chaque technique de pêche à la mouche présente ses particularités et impose un matériel spécifique.
Ici, il n’est question que des longueurs de cannes à mouche. S’agissant de la puissance (numéro de soie), vous pouvez vous référer à l’article sur les soies, dans la même rubrique de notre site.
La longueur d’une canne à mouche influence son usage en fonction des techniques et des lieux de pêche envisagés. Traditionnellement, on considérait que les cannes courtes étaient majoritairement destinées aux rivières de petit gabarit, tandis que les cannes plus longues étaient plutôt adaptées aux grandes rivières ou à certaines techniques de pêche noyée. Cette distinction reste valable. Cependant, l’avènement de la pêche à la nymphe au fil a quelque peu redistribué les cartes. Faisons un tour d’horizon de l’usage de chaque type de canne en fonction de sa longueur.
Nota bene : la longueur des cannes à mouche est exprimée en pieds, une unité de mesure anglo-saxonne équivalant à 30,48 cm.
- Entre 6’ et 7’6
Les cannes dites « courtes » mesurent généralement entre 6 pieds et 7 pieds 6 pouces, soit de 180 cm à 230 cm. Ce constat se base sur l’offre actuelle du marché, bien qu’il soit tout à fait possible de trouver des modèles encore plus petits (voir notamment des facteurs de cannes). Ces cannes sont principalement conçues pour la pêche en petite rivière, où leur taille réduite permet de passer sous les branchages sans risque d’accrochage. Toutefois, elles présentent des limites en termes de capacités de lancer.
En effet, une canne courte offre une précision correcte à courte distance, mais devient moins efficace pour des lancers à plus longue portée. Elles sont donc à réserver soit aux rivières de faible ampleur, soit aux techniques spécifiques. Certaines cannes courtes sont donc adaptées à la technique de lancer dite « TLT » (acronyme de Technique de Lancer Totale). Cette méthode, qui diffère des mouvements classiques (souvent évoqué comme le lancer circulaire), permet d’imprimer une vitesse plus importante à la soie. Cela ouvre la possibilité de réaliser des présentations différentes de celles obtenues avec des techniques de lancer plus conventionnelles.
De manière générale, les cannes courtes conviennent particulièrement aux techniques de pêche en sèche ou en nymphe, surtout pour des distances réduites. Elles permettent également de conserver une partie de la soie sur le moulinet pour un meilleur contrôle de la ligne.
- Entre 8’ et 9’
Cette longueur de canne est la plus couramment commercialisée. Vous trouverez de nombreux modèles de 8’6, 8’8 ou 9’, qui sont à juste titre présentés comme polyvalents. Ces cannes permettent de pêcher aussi bien dans des cours d’eau de taille moyenne (et, avec un peu d’habileté, dans de petites rivières) que dans des rivières plus vastes. Associées à une soie de 5, elles sont adaptées à une grande variété de types d’imitation.
Pour un débutant, l’achat d’une canne de 8’6 ou 9’ est un excellent choix, car elle offre une grande flexibilité sans véritable limitation, quelle que soit la technique que le pêcheur souhaite explorer. Cependant, il convient de noter une nuance importante : pour les techniques de pêche en nymphe au fil, une canne plus longue est généralement préférable. Ce point sera détaillé plus loin.
- Au-delà de 9’
Les cannes mesurant plus de 9 pieds sont généralement considérées comme longues. Elles sont souvent conçues pour des usages spécifiques, comme la pêche en lac ou en réservoir, ainsi que pour les grandes rivières. On retrouve également les cannes longues pour les rivières à fort débit, où le dragage est un risque grand. Plus la canne est longue, plus le dragage sera tardif. Ainsi, une canne de 10 pieds ou plus est parfaitement adaptée, par exemple, aux torrents de montagne.
Associées à une soie n°4 ou n°5, ces cannes sont particulièrement adaptées à la pêche en rivière, où la longueur des dérives exige un matériel offrant un bon contrôle et une portée optimale. Avec une soie n°6 ou n°7, elles deviennent idéales pour la pêche en réservoir, offrant ainsi de nouvelles possibilités aux pêcheurs en quête de diversité.
Le matériel pour les techniques de pêche en nymphe
Pour les techniques de pêche en nymphe au fil, le matériel diffère légèrement de celui utilisé pour la pêche en sèche. Contrairement à cette dernière, où la mouche est projetée par la soie et portée par le courant, la pêche à la nymphe utilise une mouche lestée évoluant à différentes profondeurs dans l’eau.
Il existe de nombreuses méthodes de pêche en nymphe (nymphe à l’espagnole, nymphe tchèque, au fil plaqué…), mais beaucoup nécessitent l’usage d’une canne plus longue, généralement d’au moins 9’6. Par exemple, la pêche dite « à l’espagnole », qui se pratique sans soie, repose sur une dérive contrôlée par le pêcheur grâce à sa canne. Plus la canne est longue, plus il est possible de réaliser des dérives lointaines et adaptées aux conditions de pêche.
Ainsi, pour pratiquer efficacement cette technique, une canne de 10’6 constitue un excellent choix, offrant une maîtrise optimale et une plus grande portée dans les dérives.
Nous publierons ultérieurement un article sur les techniques de pêche en nymphe afin d’évoquer l’ensemble des pratiques que l’on recense aujourd’hui.
En conclusion:
Si vous débutez et souhaitez vous initier aux techniques traditionnelles de pêche à la mouche, principalement la pêche en sèche, nous vous recommandons vivement d’opter pour une canne de 8’6 à 9 pieds, idéalement en puissance 4 ou 5.
En revanche, si vous préférez découvrir les techniques de pêche en nymphe, une canne de 10 pieds 6 avec une soie de 3 constitue un excellent compromis pour débuter.
Il est important de noter qu’en matière de cannes à mouche, la véritable polyvalence est rare. Une canne optimisée pour la pêche en sèche ne possède pas les mêmes caractéristiques qu’une canne destinée à la pêche en nymphe. Cela dit, si vous recherchez une canne capable d’offrir un minimum de polyvalence pour pratiquer à la fois la pêche en nymphe et en sèche, une canne de 10 pieds avec une soie de 3/4 pourrait répondre à vos attentes.
NB : ces renseignements sont donnés à titre indicatif. Naturellement, il est parfaitement possible de faire différemment. Jean-Louis Poirot, pêcheur de renom, évoquait l’enseignement du lancer avec une canne 6′, soie de 6… quand on vous dit qu’il n’y a pas de règle ferme et définitive ! Si vous avez des techniques un peu originales ou sortant des codes de notre pratique, n’hésitez pas à nous en faire part !
